Plaza Independencia

«Évidemment je comprends cela, mais ne t’en fais pas – avec un fer à friser retrousse-toi simplement les cils et ça se versera tout seul dans la cafetière. Surtout ne met pas de sucre car la sauce serait trop cuite.»

Là où la plupart des cartes postales d’il y a un siècle se contentent d’assurer un correspondant de bons vœux  de douces pensées, de souvenirs émus, etc., cette carte semble au contraire envoyer un message crypté. Que fait la frisure des cils à la cafetière, et quel rapport avec la sauce? Peut-être l’auteur est-il (ou elle) un surréaliste uruguayen et son message est-il par conséquent un poème comme on en écrivait alors à Paris depuis peu, puisque nous sommes en 1922? Peut-être s’agit-il plutôt d’un émule du «montevidéen», le très mystérieux Isidore Ducasse? Ou encore d’un adepte des rébus qui prêche l’indépendance en en montrant la place? Mais on imagine tout aussi bien une scène terrible digne d’Un Chien andalou ou pathétique comme une photo de Man Ray. Il reste qu’on aimerait quand même savoir ce qu’avait bien pu confier Mme Marie Meunier, de Montrouge, à son correspondant uruguayen pour en obtenir une pareille réponse.

Montevideo-Plaza2 Montevideo-Plaza1

Advertisements
Cet article a été publié dans Divers. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s