La famille Reuter, Genève

Les voies des vide-greniers sont impénétrables. Comment le pieux Mémorial de la famille Reuter de Genève a-t-il abouti sur le trottoir du Boulevard Richard-Lenoir, égaré parmi les fripes et les gadgets informatiques obsolètes? C’est le sort des vieux papiers dont les errances démentent une fois de plus le proverbe : scripta volant, au gré des vents, au hasard des vies, des déménagements, des morts et des héritages. Peut-être la lignée de Georges-François Reuter, le héros-fondateur d’une intéressante tribu franco-genevoise, s’est-elle éteinte sans descendance.
Reuter
Ce naturaliste né le 30 novembre 1805 à Paris et mort le 23 mai 1872 à Genève où il était arrivé en 1826, avait fait un parcours intéressant et inusité.

Sa notice en anglais précise (la notice française paraît le confondre avec un homonyme): «Beginning in 1835 he worked as a curator of Augustin Pyramus de Candolle’s herbarium, and from 1841 to 1849, he was curator of Pierre Edmond Boissier’s herbarium. He also collaborated with Boissier on numerous projects that included various plant collection trips. From 1849 until his death, he was director of the botanical garden in Geneva. In 1838 the botanical genus Reutera was named in his honor by Boissier.»

Les relations de Reuter et Boissier (de cinq ans plus jeune) furent manifestement étroites: les notes du Mémorial montrent qu’elles touchaient les deux familles et ne se limitaient pas à des échanges professionnels.

Le document que nous reproduisons est vraisemblablement de la plume de Charles, fils de l’un des fils de Reuter, Charles-Auguste, aquarelliste estimable comme en témoigne l’iconographie en ligne de la Bibliothèque de Genève. Son frère Edmond fut lui aussi un artiste, graveur comme l’avait été leur père à ses débuts parisiens. Il accompagna l’égyptologue Édouard Naville en Égypte. La même iconographie déjà mentionnée lui prête peut-être par erreur des œuvres dues à son frère.

Ce Mémorial recense comme il se doit les naissances, les mariages, les baptêmes, les exploits scolaires, les voyages, les morts, mais aussi les événements météorologiques et les tremblements de terre, qu’on ne savait pas si fréquents à Genève. On perçoit ainsi, malgré le caractère laconique des mentions, ce qu’a pu être pendant quelques dizaines d’années la vie d’une famille genevoise modérément bourgeoise et solidement cultivée. La dernière entrée est de 1920; la date enregistrée la plus ancienne : 1793.

Mémorial-Reuter

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4 commentaires pour La famille Reuter, Genève

  1. Hélène V. dit :

    Bonjour, étant arrivée par hasard sur votre site, je vous remercie d’avoir partagé les images de ce document très précieux sur l’histoire de cette famille. Travaillant sur Edmont G. Reuter, j’ai pu ainsi compléter certaines données sur sa vie. En fait, il subsiste des descendants, en France et en Suisse. N’hésitez pas à me contacter si vous avez des questions. Cordialement Hélène V.

    • balbecq dit :

      Bonjour,
      Merci pour votre réaction à ma publication du Mémorial de la famille Reuter. Je suis ravi que cela puisse vous être utile. Peut-être la famille voudrait-elle le récupérer? Ou vous-même? Je me ferais un plaisir de le restituer si cela pouvait paraître intéressant. Je conserve à Paris les documents que je publie sur mon site. J’y passe une grande partie de l’année (pas en ce moment) et il me serait facile de remettre celui-ci à qui le voudrait.
      Peut-être voudriez-vous par ailleurs me confier une petite note complémentaire que je publierais sur le site avec vos coordonnées?
      Bien à vous
      MP

      • Hélène V. dit :

        Bonjour, merci pour votre réponse et votre proposition. Je prépare actuellement un article sur Ed. Reuter qui paraîtra en 2017. Afin d’en parler plus en détail, serait-il possible de nous écrire par messages privés, sans passer par les commentaires de l’article ? je préfère ne pas laisser de coordonnées personnelles dans les commentaires, mais je ne sais pas comment vous écrire directement…Bonne journée Hélène V.

      • Hélène V. dit :

        Bonsoir,
        en fait, pour faciliter nos échanges, vous pouvez tout simplement me contacter via mon adresse professionnelle : helene.virenque[at]bnf.fr. Cordialement

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